Le syndrome de l’intestin irritable (SII), qui associe des douleurs abdominales et/ou un inconfort et des troubles du transit, est un motif de consultation chez les gastroentérologues. Le SII peut être responsable d’une altération de la qualité de vie aussi importante que celle de maladies chroniques telles que le diabète insulinodépendant, l’insuffisance rénale terminale ou la maladie de Crohn. Un rôle de l’alimentation est également suggéré. Compte tenu de l’efficacité modérée des traitements médicamenteux disponibles [1], l’utilisation d’une stratégie non médicamenteuse, qui serait basée sur des conseils diététiques, paraît intéressante chez les patients avec SII.

Le régime est indiqué aux personnes : 

* les maladies intestinales exacerbation des symptômes ;

*Qui ont une forme chronique ;

*une micro-inflammation intestinale, déséquilibre de la flore intestinale et des troubles de la perméabilité;

*Les maladies de l’intestin aiguës; 

*Avec une diarrhée prolongée;

*La maladie cœliaque . 

Caractéristiques du régime

Ce régime a ses propres règles, qu’il convient de respecter . L’essentiel est de rejeter complètement les aliments riches en graisses et en glucides pour normaliser le travail des intestins. Le régime n°1 est prescrit par votre médecin pendant sept jours. Pendant cette période, le patient mangera les aliments autorisés. Le patient doit manger de petits portions entre cinq et six fois par jour, et ne devrait pas boire moins de 2 litres d’eau propre par jour. En général, le patient est autorisé de manger des aliments mais son poids ne doit pas dépasser 3 kg. Il doit contenir les quantités de protéines, de graisses et de glucides indiquées dans la liste ci-dessous : 

-Protéines – de 100 à 120 grammes. 

-Graisses – pas plus de 100 grammes. 

-Glucides – 200 à 400 grammes. 

-Environ -10 grammes de sel.

La valeur calorique des aliments pris en 24 heures ne doit pas être supérieure à 2000 calories.

Liste des produits autorisés à utiliser: 

°Des produits laitiers : fromage blanc – doit être frais, contenir un minimum de matières grasses, 

°kéfir – également frais , 

°la viande diététique à faible teneur en matières grasses, 

°Poisson frais .

Vous pouvez manger 1 œuf à la coque par jour. Vous pouvez préparer une sorte d’omelette protéinée (les jaunes d’œufs doivent être exclus). La viande peut être cuite à la vapeur ou à l’eau.

Parmi les produits à base de farine, il est permis de consommer du pain de blé et, plus précisément, de la chapelure ,sans dépasser 100 grammes par jour. 

Le Kissel doit être liquide et la gelée ne doit pas être forte. ne consommer pas plus de 20 grammes de sucre par jour.

Bouillons de viande ou de poisson avec une teneur minimale en matières grasses.Dans le bouillon, on peut verser de la viande râpée, des céréales dures. On peut boire des bouillons à base de céréales comme le sarrasin ou le riz, 

Du thé doux, du cacao ou du café (sans lait).

Compote de fruits frais, infusions à base de fruits secs et tisanes.

Rôle de l’alimentation

Les patients remarquent souvent eux-mêmes un lien temporel ou une exacerbation des symptômes en rapport avec l’alimentation [2]. Une étude réalisée en Suède chez 330 patients montre que ;

64 % des patients déclaraient que leurs symptômes étaient en relation avec l’alimentation (pour 28 % les symptômes survenaient dans les 15 minutes suivant le repas et pour 93 % dans les 3 heures suivant le repas). Dans la même étude,

51 % des patients identifiaient un aliment responsable [3] ,

Les aliments qui donnaient le plus fréquemment des symptômes digestifs étaient pour les produits d’origine animale : la crème (37 %), le plus souvent responsable de douleurs et selles liquides et le lait (30 %) ; pour les fruits et végétaux : le chou (57 %), l’oignon (56 %) et les pois et haricots (46 %) le plus souvent responsables de gaz, de douleur et de distension ; parmi les autres produits on retrouvait : les épices fortes (45 %), les aliments frits (44 %, responsable de dyspepsie et de douleurs), la pizza (44 %, responsables de douleur, de dyspepsie et de selles liquides), les produits fumés (35 %, responsables de dyspepsie et de douleur), l’alcool (33 %, responsable de selles liquides) et le café (39 %, responsable de reflux, de dyspepsie et de selles liquides). Dans cette étude enfin, était majoré chez les femmes et en cas d’anxiété plus importante [3].

L’influence de l’alimentation est également suggérée par les résultats d’une étude rétrospective japonaise qui a montré un bénéfice d’un jeûne de 10 jours suivi d’une réalimentation par rapport à un traitement « standard » (alimentation normale, médicament et psychothérapie) sur différents symptômes digestifs (douleur, ballonnement, diarrhée) et sur la qualité de vie [4]. Dans une autre enquête japonaise réalisée sur internet chez 15 000 participants et qui avait identifié un SII chez 13,1 % des sujets, la consommation régulière de 3 repas quotidiens était plus rare chez les SII symptomatiques que chez les non symptomatiques. Une appétence pour la viande et la consommation de légumes était inférieure chez les SII symptomatiques ainsi que l’existence d’un bon appétit régulier (28 % SII symptomatiques contre 45 % des non symptomatiques) [5].

Habitudes alimentaires des patients avec SII et conséquences des régimes

La réalisation d’un régime est fréquente chez les patients avec SII, ainsi dans une enquête réalisée en France chez 222 adhérents de l’APSSII (Association des Patients Souffrant du Syndrome de l’Intestin Irritable, www.apssii.org) 46 % des répondants déclaraient suivre un régime au moment de l’étude. Différentes études se sont intéressées aux conséquences potentielles en terme d’apport calorique ou d’éventuelles carences. Dans une étude réalisée aux USA en 2005 [5], la charge calorique, la quantité de graisse, d’hydrate de carbones et de protéines étaient similaires entre 99 patients (avec SII et ou dyspepsie) et 119 sujets contrôles. Seule la répartition des calories était différente avec moins de calories sous forme d’hydrates de carbone et plus sous forme de graisses. . Une étude norvégienne qui rapportait une fréquence élevée des évictions (62 % des sujets), identifiait des apports inadéquats dans 12 % des cas avec chez 3 patients une charge calorique insuffisante avec amaigrissement, des évictions exagérées de produits contenant des lipides et des risques des carences vitaminiques chez 7 patients [6]. . L’effet des conseils diététiques sur les modifications à long terme de l’alimentation a été étudié au cours d’une enquête cas-témoins norvégienne réalisée chez des patients avec SII ayant bénéficié pour certains de conseils diététiques sur 2 ans (éviction de certains aliments) et chez des témoins recrutés parmi le personnel de l’hôpital [7]. À 2 ans, les apports en glucides, lipides, protides étaient comparables, cependant la consommation de produits lactés était moindre chez les patients avec SII sans conseils diététiques par comparaison aux contrôles et aux patients avec SII ayant reçu les conseils diététiques. Une consommation majorée de lait de soja et moindre de riboflavine était notée chez les SII symptomatiques non conseillés. Une moindre consommation de pâtes, riz, couscous et légumes était notée chez les SII symptomatiques par rapport aux contrôles [7].

Intolérance au lactose

Le problème de l’intolérance au lactose est fréquemment posé par les patients. Le déficit en lactase peut donner des symptômes proches du SII et on retrouve suivant les populations jusqu’à 70 % des sujets avec un déficit des capacités d’absorption qui peut être mis en évidence par un test respiratoire au lactose (qui peut cependant être positif sans symptômes). En cas d’intolérance, si les quantités de lactose ingérées (lait, yaourt, glace) dépassent les capacités d’absorption, il peut y avoir une fermentation par les bactéries coliques entraînant des ballonnements, des gaz, un inconfort et ou une diarrhée.

Conclusions

Il semble évident que des conseils adaptés ne peuvent être prodigués qu’après une analyse individuelle de l’alimentation des patients, réalisée au mieux par une diététicienne formée, et il reste alors à démontrer leur utilité à titre individuel sur les symptômes et la qualité de vie. On pourrait ainsi recommander, en fonction des situations individuelles, d’éviter des repas trop abondants, de manger des fibres en quantité normale, de diminuer sans les exclure le lactose (lait, glace, yaourt), les graisses, le fructose (miel, sirop de maïs, pommes, poires, dattes, oranges), les aliments producteurs de gaz (pois, brocolis, chou, son), et le sorbitol, le mannitol, le xylitol (chewing gum sans sucre) pour diminuer la charge en FODMAPs de l’alimentation. Il est inutile de poursuivre tout régime qui n’a pas d’efficacité initiale ou qui perd son efficacité après 2 mois. Certains patients peuvent cumuler différents régimes même sans recommandation et il faudra aussi se méfier de régimes trop restrictifs qui pourraient conduire à des carences

Références

  1. Spiller R, Aziz Q, Creed F, Emmanuel A, Houghton L, Hungin P, Jones R, Kumar D, Rubin G, Trudgill N, Whorwell P. Guidelines on the irritable bowel syndrome: mechanisms and practical management. Gut 2007; 56:1770-98.
  2. Heizer WD, Southern S, McGovern S. The role of diet in symptoms of irritable bowel syndrome in adults: a narrative review. J Am Diet Assoc 2009;109:1204-14.
  3. Simren M, Mansson A, Langkilde AM, Svedlund J, Abrahamsson H, Bengtsson U, Bjornsson ES. Food-related gastrointestinal symptoms in the irritable bowel syndrome. Digestion 2001;63:108-15.
  4. Kanazawa M, Fukudo S. Effects of fasting therapy on irritable bowel syndrome. Int J Behav Med 2006;13:214-20.
  5. Saito YA, Locke GR, III, Weaver AL, Zinsmeister AR, Talley NJ. Diet and functional gastrointestinal disorders: a population-based case-control study. Am J Gastroenterol 2005;100: 2743-8.
  6. Ligaarden SC, Lydersen S, Farup PG. IgG and IgG4 antibodies in subjects with irritable bowel syndrome: a case control study in the general population. BMC Gastroenterol 2012;12:166. doi: 10.1186/1471-230X-12-166: 166-12.
  7. Ostgaard H, Hausken T, Gundersen D, El Salhy M. Diet and effects of diet management on quality of life and symptoms in patients with irritable bowel syndrome. Mol Med Rep 2012;5:1382-90.